Delphine Aubineau
Mini Autobiographie Professionnelle
Ce qui me définit
Adjectifs
Authentique, Profonde, Sensible, Reliée, Engagée
Valeurs
Qualité du lien, Connaissance de soi, Transmission, Connexion, Nature
Pendant longtemps, j'ai cru que je devais m'adapter aux codes définis par la société. Entrer dans un moule. Être une bonne élève, puis une bonne enseignante.
J'ai avancé en suivant les règles, en faisant « ce qu'il fallait ». Puis je suis devenue mère. Et là, tout s'est intensifié.
J'ai investi ce rôle avec la même exigence, la même implication. Donner le meilleur, être à la hauteur, répondre aux besoins de chacun… Jusqu'au jour où mon corps a dit stop.
Ce moment a marqué un tournant.
Aujourd'hui, j'accompagne les parents à créer un lien apaisé et plus authentique avec leurs enfants. Je m'appuie sur la communication bienveillante, la compréhension des mécanismes du stress et un travail en profondeur autour de la connaissance de soi.
Parce que j'ai compris une chose essentielle : les relations familiales ne se transforment pas grâce à des techniques, mais grâce à une meilleure compréhension de soi, de ses émotions et de ses fonctionnements.
Et ce chemin, je ne le transmets pas seulement. Je l'ai d'abord traversé.
Chapitre I
La petite fille qui parlait aux fleurs
Petite, je vivais dans un monde enchanté : mes grands-parents étaient agriculteurs et je passais mes vacances chez eux. Les champs étaient mon terrain de jeu.
Avec un imaginaire foisonnant, je parlais aux fleurs, je me racontais des contes de fées. Mon monde intérieur était immense, riche et joyeux.
Puis l'adolescence est arrivée. Les adultes autour de moi m'ont fait comprendre que « c'était fini de rigoler », qu'il fallait devenir sérieuse et mettre mes rêves de côté. À l'école, certaines filles me lançaient des remarques blessantes : « T'es pas belle. » Des phrases qui marquent.
À force, l'étincelle s'est éteinte : la petite fille joyeuse a disparu et j'ai construit une version de moi qui rentrait dans les cases. Une version acceptable, plus éteinte.
La morale
Se conformer aux attentes des autres peut nous éloigner de nous-mêmes. Et parfois, il faut des années pour retrouver ce lien.
Chapitre II
Mes enfants, mes plus grands enseignants
J'avais tout prévu : ma fille aînée était née, j'étais enseignante, je savais m'occuper des enfants. Facile.
Et mon fils est arrivé. Et lui… n'a rien fait comme prévu. Ce petit garçon a fait voler en éclats tous mes repères, et toutes mes certitudes.
Je me souviens de ces moments où je criais alors que j'aurais voulu faire des câlins. De ces moments où l'écart entre la mère que je voulais être et celle que j'étais devenue me faisait pleurer.
Moi, l'institutrice, incapable de gérer mes enfants. La culpabilité était immense. Je me sentais nulle, incompétente, complètement dépassée.
Puis les jumeaux sont arrivés en 2012 et ils ont fait voler en éclat mes derniers repères.
La morale
Les enfants viennent souvent appuyer exactement là où ça fait mal. Non pas contre nous, mais pour nous. Pour nous aider à dépasser nos blessures. Ils sont bien souvent nos plus grands enseignants.
Chapitre III
Quand le cadre est devenu trop étroit
À 25 ans, je suis devenue directrice d'une école accueillant des enfants sourds à Rennes. Sous ma responsabilité, j'avais des enseignantes, des ATSEM, une équipe médico-sociale… et des collègues qui avaient parfois vingt ans de plus que moi.
Le stress était intense. La peur de mal faire permanente. Je me suis réfugiée dans l'administratif pour tenir. Mais je n'avais aucune idée de la façon de gérer les relations avec mon équipe.
Les années ont passé… Peu à peu, j'ai eu l'impression d'être dans une boîte de plus en plus petite. De devoir me rétrécir pour rentrer dans un moule qui ne me correspondait plus.
Un jour, une conversation avec mon frère m'a profondément marquée. Il est légèrement dyslexique et né début septembre. Il m'a dit : « À chaque rentrée, c'était mon anniversaire… et c'était l'enfer parce que je savais que l'école recommençait. »
Cette phrase m'a bouleversée. Parce que moi, j'étais une bonne élève. Et pourtant, ni lui ni moi n'avions vécu l'école comme un lieu vraiment épanouissant. Comme beaucoup d'enfants, nous avions appris à nous adapter à des normes qui ne prenaient pas en compte qui nous étions vraiment.
La morale
La sensation d'étouffer n'est pas un caprice : c'est un signal. Quand le cadre ne prend pas en compte qui nous sommes vraiment, quelque chose finit par céder.
Chapitre IV
Le jour où mon corps a dit stop
Quelques mois avant que tout s'écroule, je le savais déjà. Je me revois dans ma voiture, sur le chemin de l'école, me dire : « Tu te fais du mal. »
Je m'épanouissais dans l'association de parentalité que j'avais créée. Et j'allais à l'école à reculons. Chaque matin, le contraste était violent.
Mais je continuais. Je me disais que ça allait passer. Que j'allais m'adapter. Encore. Et toujours.
En 2019, mon corps a tranché. Un matin, je n'ai pas pu me lever. Je suis restée dans mon lit, incapable de bouger.
Je ne voulais plus m'occuper de mes élèves. Je ne voulais plus m'occuper de mes enfants. Je ne voulais plus m'occuper de personne.
Quelques semaines plus tard, la prise de conscience s'est imposée : je me rendais malade pour un travail dans lequel je ne me reconnaissais plus.
La morale
Le corps sait souvent bien avant la tête. Et on ne peut pas apprendre à nos enfants à poser leurs limites si nous ne savons pas poser les nôtres.
Chapitre V
Quand leurs blessures éclairent les nôtres
Mes enfants sont aujourd'hui adolescents et jeunes adultes. Parfois, leurs blessures réveillent les miennes.
Quand l'un d'eux se fait rejeter d'un groupe, quand ils reçoivent des messages blessants, je suis confrontée à leur souffrance. Et en même temps, je revois la petite fille que j'étais. Celle qu'on mettait à l'écart. Celle à qui on disait « t'es pas belle ». Comme si leurs expériences venaient éclairer certaines parts de moi que j'avais oubliées.
J'ai découvert qu'en étant parent, on a à accompagner nos enfants dans leurs émotions, tout en traversant les nôtres. Et c'est un véritable cheminement et un sacré challenge !
Un jour, une amie m'a demandé : « Tu ne serais pas hypersensible, toi ? » J'ai lu un livre d'une psychologue américaine sur le sujet, Elaine Caron. Et tout s'est éclairé. L'intensité de mes émotions. La fatigue. Le fait de ressentir les choses très profondément.
J'ai compris que cette sensibilité que j'avais essayé de cacher pendant des années était en réalité un cadeau. C'est elle qui me permet aujourd'hui de comprendre profondément les parents et de créer un lien véritable.
La morale
Être parent, c'est accompagner ses enfants dans leurs émotions tout en traversant les nôtres. Leurs blessures éclairent souvent les parts de nous que nous avions oubliées.
Chapitre VI
Pour que mon parcours puisse servir à d'autres
Si je suis devenue enseignante, c'est parce que j'aime profondément transmettre. Toutes ces années passées à tâtonner, à me tromper, à chercher… j'ai aujourd'hui à cœur qu'elles puissent servir à d'autres. Qu'elles contribuent à nourrir des relations plus apaisées, plus conscientes, plus joyeuses.
Dans les familles, bien sûr. Mais aussi dans le monde professionnel. Parce que je vois combien les mêmes schémas peuvent s'y rejouer, et combien une communication plus authentique peut transformer les relations en profondeur.
C'est ce qui m'a amenée à animer des conférences auprès des parents et à intervenir dans les équipes. Parce que transmettre, c'est aussi, pour moi, une façon de semer des graines de paix autour de moi.
Et aujourd'hui, je sais que je suis à ma place en contribuant à remettre de la douceur, de la conscience et du lien dans les relations.
La morale
Ce qu'on a traversé n'est pas perdu : c'est exactement ce qui permet d'aider d'autres à traverser leurs propres tempêtes.
Mon histoire en images
Cultiver l'art de la relation ensemble
C'est à partir de ce chemin — fait de doutes, de prises de conscience et de transformations — que j'ai construit aujourd'hui ma façon d'accompagner les personnes. Avec le temps, j'ai compris une chose essentielle : la relation que nous entretenons avec nous-mêmes influence profondément la qualité des liens que nous créons avec les autres. Dans les familles, bien sûr. Mais aussi dans les équipes, les couples et plus largement dans toutes les relations humaines.
Aujourd'hui, j'accompagne les parents et les professionnels à recréer des relations plus apaisées, avec de la compréhension, de la conscience… et beaucoup d'humanité.
Comme le dit Thomas d'Ansembourg : « Comprendre l'humain dedans pour comprendre l'humain devant. »
Parce que prendre soin de la relation commence souvent par apprendre à se rencontrer soi-même.
Si tu veux discuter ou en savoir plus, tu me trouveras sur les réseaux. Je serai ravie d'échanger avec toi autour de tes défis du moment.